Désertion

De Encyclopédie : Brigades Internationales,volontaires français et immigrés en Espagne (1936-1939)
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On trouve, parfois, dans les archives de Moscou (RGASPI) des documents sur un volontaire accompagné du simple mot « déserteur » sans aucune autre explication. Si nous avons d’autres documents, nous comprenons que le volontaire s’est « absenté » quelques jours sans demander d’autorisation ou qu’il a prolongé une permission de quelques jours. Ils étaient immédiatement classés déserteurs, et cela reste dans leurs dossiers. Ils constituent la majorité des cas.

Et puis, il y a de véritables désertions.

Comment dans un corps de volontaires, peut-il y avoir des désertions ?

La dureté et l’horreur des combats, la mort de nombreux camarades, le sentiment d’être employé comme chair à canon, l’attitude et le manque de souplesse du gouvernement républicain espagnol (qui considère que les brigadistes se sont « engagés » pour la durée de la guerre, qui accorde les permissions en France au compte-goutte et qui ne veut pas rapatrier les volontaires qui en font la demande, …), le maintien sur le front plusieurs mois sans permissions, éprouvent le moral des combattants, provoquent des démoralisations et conduisent à des désertions.

Si la grande majorité des volontaires s’est engagée pour lutter contre le fascisme, il y a aussi des aventuriers, des infiltrés ou d’autres venus en Espagne pour des raisons peu avouables.

Lutter contre le fascisme, c’est avoir des ennemis politiques (organisations d’extrême-droite) qui vont s’infiltrer dans les rangs des Brigades pour démoraliser, espionner, provoquer, commettre des actes de sabotage. Le plus connu est Henri Dupré, membre de la Cagoule, qui gagnera la confiance d’André Marty. Proposé comme commandant d’un bataillon dans les premiers temps, il sera ensuite nommé l’intendant de la grande base d’Albacete. Il sera fusillé à la fin de la IIe guerre mondiale pour collaboration. Certains se sentant découverts, préfèrent s’enfuir et deviennent des déserteurs.

Des filières de désertions sont organisées par des consulats. Auguste Lecœur raconte, dans son livre, Le Partisan, celle organisée par le Consulat français de Valence.

En réalité, sur l’ensemble des volontaires, une infime partie déserte.

Référence

Lecœur Auguste, Le Partisan, Flammarion, Paris, 1963 (pp 72-79).